Historique

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Chalet de la Monse à Charmey, le plus ancien bâtiment en bois en Gruyère construit vers 1500 © Glasson/Musée gruérien, Bulle

 

" [...] Au lendemain de la deuxième guerre mondiale, un instituteur d'Echallens, Jules Nidegger, gruyérien d'origine et de coeur, amoureux de son pays et conscient de la richesse de son patrimoine, mobilise une dizaine d'artisans tavillonneurs et fonde le 10 février 1946 l'association cantonale des tavillonneurs fribourgeois.

Leur métier est menacé. Des couvertures de type nouveau se développent: la tôle d'abord et ensuite une ardoise artificielle trompeusement baptisée d'un nom qui veut faire croire à son éternité.

Le temps presse. Jules Nidegger n'hésite pas à faire appel à ses collègues instituteurs fribourgeois qui, chacun dans leur coin de pays, dressent, durant leurs vacances scolaires,  un inventaire minutieux des toitures et des façades de bâtiment tavillonnées.

Il écrit aux propriétaires, aux communes, aux services forestiers pour qu'ils soutiennent les tavillonneurs; il écrit même au Conseil d'Etat pour qu'il interdise les couvertures en tôle; il alerte la presse pour qu'elle rende attentive le public du danger qui guette le patrimoine de ce canton.

Il publie enfin un ouvrage "Toits et Mantalires" à la fois plein de détails techniques et pourtant plein de poésie, dont nous avons le plaisir de vous présenter aujourd'hui une nouvelle édition. A ses côtés, il peut compter sur de braves et fins artisans - tels qu'Olivier Pythoud, premier président de l'association - qui veulent défendre également leur savoir-faire, la qualité de leur matériau et de leur travail.

Ces préoccupations des premiers jours continuerons d'habiter les membres de l'association; ne pas laisser mourir leur métier, recruter de nouveaux adhérents, former des jeunes à l'art du tavillonnage.

Au début des années nonante, l'association s'élargit à d'autres cantons romands avec l'entrée d'un vaudois des Ormonts, puis d'un valaisan du Val de Bagnes et devient l'Association Romande des Tavillonneurs.

Pour assurer la pérénité de leur profession, les tavillonneurs tentent d'obtenir auprès de l'OFIAMT la reconnaissance de leur métier. Recevant un écho peu favorable, ils ne baissent pas les bras et codifient leur savoir-faire dans une charte qui sera présentée à l'occasion du cinquantième anniversaire de l'association en septembre 1996.

Cette charte a été reprise, retravaillée, complétée et élargie au savoir-faire de tous les tavillonneurs romands.

Ce sont deux années de travaux en étroite collaboration avec le groupe de travail romand des monuments historiques qui trouvent aujourd'hui leur aboutissement. [...] "

 

" [...] Comme le tavillon, soyons vivants! Le meilleur hommage que nous puissions rendre à nos prédécesseurs qui ont sauvé l'art du tavillonnage d'une mort certaine c'est de poursuivre leur route, de défendre avec votre soutien notre noble métier et de garder en nous intacte la passion qui les habitait. [...] "

 

 

Extraits du discours prononcé par le secrétaire de l'association Jean-Emile Fellay à l'occasion de l'inauguration de la nouvelle Charte des Tavillonneurs le 21 juin 2003 à l'Etivaz.

 

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